Le responsable de la Confédération algérienne du patronat citoyen, Amine Mered, nous livre son point de vue et son appréciation sur l’état actuel du secteur industriel, les investissements privés dans la wilaya d’Oran et les réformes entreprises par l’État.


Entretien réalisé Par Amel Saher

El Moudjahid : Responsable régional d'une organisation patronale, que pensez-vous des réformes engagées par l’État en vue de relancer les investissements ?
Amine Mered : Ces réformes ont été une véritable bouffée d’oxygène pour les opérateurs locaux. La plus significative a été l’allègement de la bureaucratie, frein le plus difficile à surmonter pour les opérateurs. Beaucoup d’entreprises locales ont bravé les difficultés inhérentes à la pandémie du coronavirus et réussi à faire de la croissance dans un environnement économique compliqué pour contribuer au développement de l’économie. Ces nouvelles mesures me semblent tout à fait appropriées et arrivent juste à temps pour permettre aux entrepreneurs d’entamer la nouvelle année avec des perspectives positives pour le développement de leur business.

Suite à une décision du gouvernement, des commissions de levée des contraintes sur les projets d’investissement ont été créées dans l’ensemble des wilayas. À Oran, cette instance est opérationnelle depuis quelques semaines déjà. Avez-vous un retour sur les premiers fruits de son travail ?
Le bureau régional de la CAPC a eu le privilège de rencontrer à plusieurs reprises le délégué d’Oran du médiateur de la république. Nous avons tenu des séances de travail afin que chaque opérateur évoque ses préoccupations et problématiques industrielles et professionnelles pouvant freiner l’avancement des projets. Cette première étape très positive aura permis de transmettre plus d’une vingtaine de dossiers qui sont en cours de traitement,

Le gouvernement s'est engagé dans une nouvelle dynamique économique visant à soutenir les investissements et les exportations. Quelles sont les contraintes qui devraient être levées pour atteindre cet objectif à cours et à moyen termes ?
Selon moi, les deux secteurs, bien qu’ils se rejoignent, ne connaissent pas les mêmes blocages, l’industrie souffre principalement et majoritairement du problème du foncier industriel. La CAPC a longtemps plaidé la cause des industriels qui souffrent de cette contrainte. C’ est simple, sans foncier il n’y a pas d’industrie, et il est rare qu’un industriel, à l’étape du lancement, puisse avoir son propre terrain. Il est donc vital pour notre économie que la répartition du foncier industriel soit revue, au même titre que le code de l’investissement qui est toujours bloqué. L’exportation, comme beaucoup de secteurs, souffre de la lenteur bureaucratique. L’ensemble de ces points ont été traités par les dernières reformes du Président de la République. Nous attendons leur application sur le terrain.

Oran est considérée comme un pôle attractif des IDE ; néanmoins certains problèmes, notamment ceux liés au foncier industriel, demeurent toujours posés. Que préconise le CAPC ?
Effectivement, à l’instar des autres wilayas, le foncier est un problème majeur à Oran, mais nous saluons la volonté du Président de la République de résoudre en profondeur ce problème avec la création de la nouvelle agence du foncier industriel, à travers laquelle nous attendons la résolution définitive de la problématique du foncier industriel.

Le CAPC rencontre souvent, dans le cadre de ses missions, des délégations économiques étrangères. Quels sont les secteurs qui intéressent particulièrement les étrangers, soit dans le cadre du partenariat ou de l’investissement direct ?
Nous avons, ces derniers mois, reçu de nombreuses délégations et représentations économiques étrangères intéressées principalement par des partenariats et des échanges gagnant-gagnant avec l’Algérie. L’industrie restant un secteur privilégié, leur intérêt se porte, néanmoins, sur divers secteurs d’activités de la région, tels que le tourisme et le service, mais aussi la logistique et la santé.
A. S.